les Cantiques bretons de Pâques

Après avoir vécu en Église la Grande Semaine des chrétiens, la Semaine Sainte : fait mémoire de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem et de sa Passion ; de son dernier repas le Jeudi Saint – repas prophétique où il donne le sens de sa croix – ; nous être uni à ses souffrances le Vendredi saint ; fait silence le Samedi saint pour méditer dans nos cœurs tous ces événements, nous renaissons à la joie avec le Christ Ressuscité dans la nuit de Pâques.

Au cours de la Veillée pascale, n’hésitons pas à chanter des cantiques bretons. Il est par exemple possible de faire chanter à l’offertoire par une chorale ou un petit chœur le cantique Kanevedenn (Arc-en-ciel) écrit par Job an Irien sur un air de J.-S. Bach : « Sevel ’rei gand ar Mab kanevedenn ar peoc’h. Gwalhet ’neus gand e wad oll behejou an dén. » (Avec le Fils se lèvera l’arc-en-ciel de la paix. De son sang, il a lavé tous les péchés du monde).

Au moment de la communion, il est possible d’entonner Tridal ar ra (va c’halon an Aotrou) (Mon cœur exulte en Dieu), une paraphrase du Cantique de Moïse (Exode 15), sur un célèbre choral gallois (“Mor Fawr Wyt Ti”).
Ou bien Sell ouz an heol o sevel (Regarde le soleil se lever). Deux mélodies existent pour ce cantique, la plus connue étant celle composée par Michel Scouarnec, mais n’oublions pas le deuxième air, sur un choral gallois (“Llanfair”) :

Peogwir eo goullo ar béz, Allelouia ! Ema ganeom a-nevez, Allelouia !
Kanom stard on levenez, Allelouia ! D’or Zalver deut e buez, Allelouia !
(Puisque le tombeau est vide, Alléluia ! Il est avec nous de nouveau, Alléluia !
Chantons fort notre joie, Alléluia ! Au Sauveur ressuscité, Alléluia !

Il est également possible de terminer la veillée pascale par le cantique Klevit, tudou, ar c’helou mad (Écoutez la bonne nouvelle... alléluia !), sur une mélodie bien connue : O filii et filiae, puisqu’elle a donné en français le cantique : “Chrétiens, chantons le Dieu vainqueur” (I 36).

Klevit, tudou, ar c’helou mat, A gresko gloar Doue an Tad,
Hag ho laouenaio ervat, Alleluia !
Alleluia ! Alleluia ! Alleluia !
(Écoutez la bonne nouvelle, Qui grandira la gloire de Dieu le Père,
Et vous réjouira pleinement. Alléluia !)


Le jour de Pâques, dimanche de la Résurrection, notre joie doit se manifester !

Il est possible de chanter pendant la procession d’entrée de la messe le cantique traditionnel Klevit, tudou, ar c’helou mad (Écoutez la bonne nouvelle... alléluia !), sur la mélodie bien connue O filii et filiae, qui a donné en français le cantique : “Chrétiens, chantons le Dieu vainqueur” (I 36).

Sur cette même mélodie, il existe plusieurs cantiques bretons de Pâques : un cantique récent Galvet da bréd (en Oan Jezuz) (Appelés au repas de l’Agneau Jésus) ;  le cantique Sul fask. Alleluia ! qui est chanté dans le diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier (voir Kantigou brezonek Eskopti Sant-Brieg ha Landreger, 1934, n°125 p. 169) : « Klevit, holl vugale Doue : Jezuz, ho mestr hag ho Roue, a varv da vev zo deut hirie ! Alleluia ! » (Écoutez, enfants de Dieu : Jésus, notre maître et notre Roi, est passé de la mort à la Vie ! Alléluia !), sur l’air duquel on trouve également l’angélus de Pâques du Trégor et de Haute-Cornouaille : Mari, Rouanez an Neñvou, dizec’het bremañ ouz ho tareou, ha silaouit hon c’hantikou, Alleluia… (Kantigou brezonek, 1934, n°28 p. 34).
Mais dans le diocèse de Vannes, c’est le cantique Alleluia kanamb viktoér (Alléluia, chantons victoire) :  D’er sul vitin, de holeù dé, En disipled lan a dristé E dostas de wélet er bé (Le dimanche matin à l'aube, Les disciples pleins de tristesse S’approchèrent du tombeau) qui se chante sur l’air O filii et filiae.

À Vannes, un autre cantique glorifie la résurrection : Alleluia ! Inour de Zoue, sur la même mélodie (de Praetorius) utilisée dans notre cantique Enor ha Gloar da Vab Doue. Souhaitons que ce beau cantique puisse être transcrit un jour en breton de Cornouaille et Léon :

Alleluia ! Inour de Zoué, Kãnam ihuél ged leùiné : Deit é Jézus biù ag ar bé !
(Alléluia ! Honneur à Dieu, Chantons à haute voix et avec joie : Jésus est ressuscité !)

Autre cantique traditionnel de Pâques, War dal ar Béd (en heol a bar) écrit à la fin du XIXe siècle, sur un ton très solennel, par l’abbé Jean-Marie Guillou (1830-1887), auteur de nombreux cantiques (ce qui lui valut d’être surnommé Kantiker bras an eskopti) :

War dal ar béd, an heol a bar
Hag a strev eur splannder dispar :
Da vintin Pask, leun a vuez
Eo savet Jezuz eus ar béz.
(Sur le monde, le soleil rayonne
Et étincelle d'une splendeur sans pareil :
Au matin de Pâques, plein de vie,
Jésus s’est levé du tombeau)

Sur un ton plus allègre, il est possible de chanter Jezuz ’zo beo (Jésus est vivant) :

Jezuz ’zo beo, allelouia, Savet eo bet euz ar maro !
Jezuz ’zo beo, allelouia, Ganeom ema, ganeom e vo,
Allelouia !
(Jésus est vivant, Alléluia, De la mort, Il a été levé !
Jésus est vivant, Alléluia, Il est avec nous, avec nous Il sera,
Alléluia !)

Ou encore Sell ouz an heol o sevel : Regarde le soleil se lever (voir plus haut, deux mélodies au choix). Notons aussi le beau cantique Lamet kuit, Allelouia (Lamet kuit ar mên ponner, Allelouia ! Elle est enlevée la lourde pierre, Alléluia), sur un ton grégorien.

À l’offertoire, il sera possible de chanter comme à la veillée pascale le cantique Kanevedenn (Arc-en-ciel) : « evel ’rei gand ar Mab kanevedenn ar peoc’h ». Ou encore le psaume 116 : Setu an deiz braz (Voici le grand jour).

Au moment de la communion, pourquoi ne pas prier avec le beau cantique Tridal ar ra (va c’halon an Aotrou), ou bien Sell ouz an heol o sevel s’il n’a pas été déjà chanté au début de la messe. D’autres assemblés préféreront le cantique En deiz e oa (Il y eut un jour), de Job an Irien et Michel Scouarnec, en raison du couplet 4 :

Eun deiz e oa, hag en deiz-se, Ar béz serret a zigore,
Buez nevez a ziwane, Ar garantez a virville ;
Doue an Tad a zispake
Splannder e Vab, splannder an dén.
(Il y eut un jour, et ce jour-là, Le tombeau fermé s’ouvrait,
Une vie nouvelle germait, L’amour bouillonnait ;
Dieu le Père dévoilait
La beauté de son Fils, la beauté de l’homme.)

À la fin de la messe, il est traditionnel de nous unir à la prière de la Vierge Marie en chantant l’angélus breton de Pâques, An añjeluz amzer Fask, qui paraphrase l’antienne Regina cœli :

Bezit laouen evid atao, Rouanez bro an neñvou !
Lavarit buan kenavo D’an drubuill ha d’an daelou :
Jezuz, ho Mab n’eo mui maro, Kanom e veuleudiou !
(Soyez heureuse pour toujours, Reine des cieux !
Dites vite adieu aux tourments Et aux larmes :
Jésus, votre Fils n’est plus mort ! Chantons ses louanges !)

Traditionnellement chanté du dimanche de Pâques au dimanche de Pentecôte, l’angélus breton de Pâques comporte plusieurs mélodies. La première, souvent qualifié d’air léonard (ton Leon), est la plus ancienne ; la deuxième avec un alléluia développé, est dite cornouaillaise (ton Kerne). Certaines paroisses réservent le ton Kerne aux deux dimanches de Pâques et de Pentecôte, et chantent l’angélus les autres dimanches du temps pascal sur le premier air.

Et pendant le temps pascal, n’oublions pas le cantique Chapeled a c’hloar, attribué aux Pères Julien Maunoir et Ange Floc’hic, pour accompagner notre prière du chapelet :

Er c’henta mister gloriuz, Kanom meuleudi da Jezuz ;
Sevel a ra beo euz ar béz, Hervez e gomz, goude tri deiz.
(Au premier mystère glorieux, Chantons les louanges de Jésus ;
Il se lève, vivant du tombeau, Comme Il l’avait dit, après trois jours).

H.Q.

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Le blog "Feiz ha sevenadur"

  • Réflexion du Père Job An Irien : Euz petra on-eus aon ? / De quoi avons-nous peur ?

    Euz petra on-eus aon ? Job2019

    Euz a belec’h eo deuet ar seurt aon-ze, a zo en em zilet en or spered abaoe eun nebeud miziou ? Santoud a reem mad e oa eun dra bennag ha ne ’zae ket mad e istor ar bed, ha ne ouiem ket petra. Re vrao oa deuet ar vuez da veza, peogwir e welem euz an eil boavez d’egile ar vuez o hirraad, hag an dud a gant vloaz o tond da veza niverusoc’h niverusa. Kredet on-noa en eun araokadenn heb fin peogwir on-noa pelleet diouz or broiou ar brezel hag an naonegez. War ar mêz e kreske an atañchou muioc’h-mui... Lod tud o-doa sonet ar c’hloc’h-galv koulskoude, peogwir o-doa santet araog ar re all e vedom war eun hent-dall, med n’int ket bet selaouet. Goulenn a raent cheñch hent, med perag cheñch hent pa ’z-eo ken brao an hent a ’z-eom gantañ... Hag eo c’hoarvezet ar C’hovid-19. ’Vel eun taol kurun en or bed digatar, ha neuze eo bet dizoloet on aon kuz, eun aon hag a oa o voudinellaad en or skouarn abaoe pell, eun aon ha ne felle ket deom kleved.

    Mastaret on-eus boul ar bed ha mall eo deom kempenn anezi. N’om ket re ziwezad ma fell deom cheñch on doareou da implij pinvidigeziou ar bed ha da ranna anezo evid gwella mad an oll. An taniou-gwall er Siberi a lavar deom n’on-eus ket amzer da goll. An digoada en Amazonia, ouspenn laerez o boued digand an dud a vev eno, a vir ouz ar bed da denna e alan. Implij ar glaou ha dreist-oll implij divuzul an eoul-douar evid on energiez hag ar plastik ne reont nemed gwasaad stad or bed...

    Evid ar wech kenta marteze euz on istor on-eus aon euz an amzer da zond. Teñval eo an oabl dirazom. Eun araokadenn ha ne lak ket an den hag an doujañs evid an natur da genta ne gas nemed a-benn d’ar voger. N’eo ket eun araokadenn wirion peogwir e tigas ganti falc’h ar maro. Goud a ouezom hirio e c’hell pep hini ahanom ober eun dra bennag evid savetei an amzer da zond. Douarou a vo kollet, inizi a vo beuzet ha poblou a ranko dilezel o bro ma ne reom ket amañ ar pez a c’hellom. Na lezom ket an aon-kuz d’or seiza, rag oll asamblez on-eus ar garg euz or bed, hag ar pez a reom en on lec’h deom-ni a zo a-bouez evid ar bed a-bez.


    De quoi avons-nous peur ?

    D’où est venue cette sorte de peur qui s’est insinuée dans notre esprit depuis quelques mois ? Nous sentions bien qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas bien dans l’histoire de notre monde, et nous ne savions pas quoi. La vie était devenue trop belle, puisque nous la voyions d’une année sur l’autre s’allonger, et que les gens de cent ans devenaient de plus en plus nombreux. Nous avions cru en un progrès sans fin, puisque nous avions écarté de nos pays la guerre et la famine. Dans les campagnes les fermes s’agrandissaient de plus en plus... Certains avaient pourtant sonné le tocsin, parce qu’ils avaient ressenti avant les autres que nous allions vers une impasse, mais ils n’ont pas été écoutés. Ils demandaient de changer de direction, mais pourquoi changer de direction quand est si belle la route que l’on suit... Et le Covid-19 est arrivé. Comme un coup de tonnerre dans notre ciel sans nuages, et nous avons alors découvert notre peur cachée, une peur qui bourdonnait à nos oreilles depuis longtemps, une peur que nous ne voulions pas entendre.

    Nous avons sali notre globe, et il est plus que temps de le réparer. Nous ne sommes pas trop tard si nous voulons changer nos manières d’utiliser les richesses du monde et les partager pour le meilleur bien de tous. Les incendies en Sibérie nous disent que nous n’avons pas de temps à perdre. La déforestation de l’Amazonie, en plus de voler leur nourriture aux gens qui y vivent, empêche notre monde de respirer. L’utilisation du charbon et surtout l’utilisation démesurée du pétrole pour notre énergie et le plastique ne font qu’empirer l’état de notre monde...

    Pour la première fois peut-être de l’histoire de notre monde, nous avons peur de l’avenir. Le ciel est sombre devant nous. Un progrès qui ne met pas l’homme et le respect de la nature en premier ne conduit que dans le mur. Ce n’est pas un vrai progrès puisqu’il apporte avec lui la faux de la mort. Nous savons aujourd’hui que chacun de nous peut quelque chose pour sauver l’avenir. Des terres seront perdues, des îles seront noyées et des peuples devront abandonner leur pays si nous ne faisons pas ici ce que nous pouvons. Ne laissons pas la peur cachée nous paralyser, car tous ensemble nous sommes responsables de notre monde et ce que nous faisons en notre lieu est important pour le monde entier.


     Tad Job an Irien

  • Nouvelle édition de Muzikou Kantikou Brezoneg

    Nouvelle édition de Muzikou Kantikou Brezoneg bannière Minihi

    Projet pour les éditions du Minihi Levenez :
    Une nouvelle édition, revue et corrigée.
    Augmentée  des refrains en breton des psaumes des trois années liturgiques (A, B et C) et de nouveaux cantiques.

    Une souscription sera proposée dans les semaines à venir
    Pour plus d'informations, contacter le Minihi-Levenez
    29800 Tréflévénez
    02 98 25 17 66

     

  • Ar Zalmou war ar rouedad

    Pedenn an deiz GF 1Ema bremañ meur a zalm war ar rouedad, war lehienn eskopti Kemper ha Leon. War ar bajenn digerri e ranker klika war "Feiz" > "Salmou".

    Ar 97 salm kinniget a zo tennet euz al leor “Pedenn an deiz”, embannet e 1988 gand Minihi Levenez. Eun droidigez evid al liderez eo.

    Emichañs e vo gelled kinnig an oll zalmou e brezoneg dizale.

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