A propos d'un article sur le Père Maunoir

Article de Fañch MORVANNOU publié dans la revue Minihi-Levenez n°69, de juillet-août 2001 :

A propos d'un article
sur le Père Maunoir,

paru dans le Courrier du Kreiz Breizh, CCKB, n° 7, hiver 1999-2000

Voici l’article en question :

“Souvent présenté comme un prédicateur illuminé, adulé par certains à l’égal d’un saint, qualifié de sombre inquisiteur par d’autres, Julien Maunoir est un personnage controversé. Bien que natif de Saint-Georges-de Reintembault, dans l’Ille-et-Vilaine, le Père Maunoir a consacré au Centre-Bretagne l’essentiel de son œuvre de missionnaire. C’est d’ailleurs à Plévin qu’il est enterré.

Nous sommes sous le règne de Louis XIV. Le royaume est au bord de l’asphyxie. En Bretagne, le traité d’union à la France préserve les bretons de certains impôts, comme la redoutable gabelle. Mais la situation n’est guère brillante. L’Eglise s’inquiète de l’âme de ses ouailles, que la pauvreté pourrait pousser à la rébellion. “Les habitants de Basse-Bretagne”, affirment alors certains ecclésiastiques, “savent à peine répondre lorsqu’on leur demande combien il y a de dieux et leurs notables ignorent la sainte Trinité”. Les Jésuites prennent l’affaire en main. Successeur d’un précurseur léonard nommé Michel Le Nobletz, le Père Maunoir sera le plus célèbre de ces nouveaux missionnaires. Il deviendra le théoricien d’une méthode d’évangélisation, que l’on peut qualifier de musclée. D’abord, tournant le dos à l’attitude de la hiérarchie religieuse, Maunoir apprend la langue bretonne en une nuit, d’après la légende. Pédagogie fulgurante ! Le breton lui apparaît en effet comme un excellent rempart contre les idées nouvelles. Il rédige même un dictionnaire français-breton, qui marque la rupture avec le moyen-breton et inaugure l’ère du breton moderne et préconise l’utilisation maximale de la culture locale et de ses coutumes.

Les missions du Père Maunoir sont autant d’interminables happenings, qui durent parfois un mois entier. Tour à tour, la plupart des paroisses du Centre-Bretagne subissent ce véritable “nettoyage des âmes”, certaines à plusieurs reprises. Les bretons aiment le théâtre : Maunoir met en scène l’évangile, déguise parfois le curé du village en Christ, récompense les villageois les plus méritants en leur donnant les meilleurs rôles. Des acteurs, dissimulés sous une estrade, imitent la voix caverneuse des trépassés. Les bretons craignent la mort : il en fait le cœur de sa stratégie.  Le raisonnement est simple : “L’amour de Dieu tue la mort”. Les bretons sont superstitieux : il transforme un coup de tonnerre en miracle. L’effondrement d’un arbre, à Plouguernével, sous le poids des fidèles venus écouter son sermon, ne fait aucune victime. Volonté divine, bien sûr.

Enfin, Maunoir utilise aussi les “nouvelletés”, comme les fameux taolennoù, sortes de bandes dessinées maniant les symboles religieux, agitées conune autant de talismans. Les fidèles, “bouche bée”, avalent ainsi plus facilement le message du missionnaire et de ses assistants. Car, contrairement à ses prédécesseurs, il sait convaincre nombre de recteurs locaux.

Maunoir invente un catéchisme intelligemment adapté au niveau de connaissance des paysans de l’époque. Il ne doute pas de parvenir à remplacer le chant profane, si répandu dans nos campagnes, par ses propres cantiques. Il innove encore, créant un fichier des fidèles à partir des confessions, transformées en véritables interrogatoires policiers.

Les paroissiens sortent de ces missions épuisés, saoûlés de sermons, de chants, de paroles apprises par cœur et d’images terrifiantes. Ceci dit, la réussite n’est pas toujours au rendez-vous. Au début, surtout, les méthodes du missionnaire sont considérées par certains comme proches de la sorcellerie. Ainsi, le recteur de Bothoa (aujourd’hui en Saint Nicolas-du-Pélem), alors l’une des plus importantes paroisses du pays, le chasse de son église. Maunoir reçoit ici un coup de pistolet, là un coup d’épée et pas mal de coups de poing, notamment lors de fêtes ou de danses qu’il veut interrompre. Il combat tout autant la musique populaire, la danse, le jeu que l’ivrognerie. Au total, Julien Maunoir abattra un travail titanesque : quatre-cent-trente-neuf missions en quarante-trois ans !

Lorsqu’éclate la révolte dite des “Bonnets rouges”, Maunoir est en mission à Plouguernével. Il répond avec enthousiasme à l’appel du duc de Chaulnes, qui mène une répression impitoyable. “La crainte de Dieu servit autant que la terreur des armes à réduire les révoltés” écrira-t-il plus tard, remerciant Dieu d’avoir offert le supplice de la pendaison aux séditieux, leur permettant ainsi le salut.

Les missions de Maunoir auront pour conséquence d’enfermer pour longtemps les croyants les plus fragiles dans une religion basée sur la crainte et la soumission à Dieu. Bien qu’un peu trop obsédé par Satan, il n’avait cependant rien d’un mystique illuminé. Il était plutôt un extraordinaire organisateur, sachant parfois s’adoucir pour mieux arriver à ses fins, ainsi qu’un grand orateur, doublé d’un travailleur infatigable. A terme, son action aura également contribué à éloigner de la religion bien d’autres habitants de ce pays, ayant une conception très différente de l’amour du prochain, incompatible avec le credo fataliste de Julien Maunoir : “Chacun doit accepter de vivre en sa condition”.

Communauté de Communes du Kreiz Breizh (18 communes des Côtes d’Armor, Rostrenen, Kergrist-Moëlon, Mellionnec, Peumerit-Quintin, Tremargat, Lanrivain, Plounévez-Quintin, Saint-Nicolas-du-Pélem, Sainte-Tréphine, Maël-Carhaix, Locarn, Trebrivan, Treffin, Paule, Plévin, Trégornan, Glomel, Plouguernével)


COMMENTAIRE DE FANCH MORVANNOU

Lorsque le Père Maunoir mourut, à Plévin, le 28 janvier 1683, la population de la paroisse et de toutes celles circonvoisines s’opposa énergiquement au transfert du corps jusqu’au siège de l’évêché de Cornouaille, Quimper-Corentin, où il devait être enterré solennellement dans la cathédrale. On eut beau menacer les paysans de l’excommunication, rien n’y fit, et le corps du Tad mad fut enseveli sous les dalles de l’église de Plévin, où il reposa en paix, y compris pendant les heures les plus noires de la période révolutionnaire : en effet, malgré le sac des archives de la paroisse de Plévin, l’église fut respectée, ainsi que la tombe du Père Maunoir.

Les Cornouaillais du XVIIe siècle donnèrent à ce prédicateur jésuite venu chez eux du pays de Fougères pour leur prêcher l’Evangile le nom de Tad mad, “le bon Père”. Ils le connaissaient bien, puisqu’il avait vécu et prêché pendant 42 années dans le pays breton, et la majeure partie d’entre elles en Cornouaille. Jusque vers 1970, personne ne s’en prit au Père Maunoir, ni pour contester ses méthodes d’apostolat, encore moins pour mettre en doute cette immense bonté qui avait tellement frappé nos pères...

Plutôt que d’erreurs matérielles ou d’inexactitudes graves, c’est d’interprétations sujettes à caution qu’est rempli l’article du Courrier du Kreiz Breizh (CKB) consacré à Julien Maunoir, au point de donner de cette “célébrité du Kreiz Breizh” une image déformée jusqu’à la caricature. On ne reprendra ici que quelques-unes des données de l’article, mais, en réalité, ce sont toutes les phrases et, dans certains passages, tous les mots qui mériteraient d’être relevés et redressés, tellement le gauchissement est flagrant. Ceci dit, la liberté d’expression est un bienfait de la démocratie, et il n’y a pas à la regretter, même si elle donne lieu parfois à des excès, à des exagérations et à des dérives.

 1. La méthode d’évangélisation du Père Maunoir est qualifiée de “musclée”. Or notre jésuite n’a rien d’un mousquetaire, pas même de la foi. C’est après bien des difficultés qu’il a obtenu de ses supérieurs, et notamment de l’évêque de Cornouaille [1], la permission de se consacrer aux missions bretonnes. Il prend la succession de son maître, dom Michel Le Nobletz, dans des conditions de grande précarité intérieure et extérieure. Au jésuite de 34 ans qu’est Maunoir lorsqu’il prend le relais, le vieux prêtre léonard représente que “les missions parmi les pauvres gens sont obscures et fatigantes”, et que “le court séjour qu’on fait dans chaque pays sert beaucoup à détacher le cœur des choses qui passent”. Maunoir s’engage dans les missions bretonnes sans appréhension sans doute, et même avec résolution, mais en mesurant aussi, dans l’humilité, l’ampleur de la tâche. Pourtant, le succès couronna d’emblée ces missions, ce qui n’aurait pas été le cas si tout un peuple était venu aux instructions sous la contrainte ou à reculons. Le succès a sûrement été dû à la nouveauté que représentaient les exercices de la mission, au désir d’apprendre (ne fût-ce que des vérités religieuses) qu’habitaient ces pauvres gens condamnés autrement à demeurer exclus de tout savoir, et aussi au fait que ces instructions religieuses leur étaient adressées dans leur langue.

 2. Né entre Avranches et Fougères, en Bretagne, mais dans une zone où le breton ne s’est jamais parlé, Julien Maunoir a été amené à apprendre la langue bretonne ; ce ne fut cependant pas “en une nuit”... Après leurs deux années de noviciat et leurs trois années de philosophie, les jeunes jésuites, avant d’être ordonnés prêtres, étaient envoyés comme professeurs dans l’un des collèges tenus par la Compagnie. Pour Maunoir, ce fut Quimper : c’était en septembre 1630. Se croyant appelé à la mission du Canada où il espère conquérir la palme du martyre, il fait la sourde oreille lorsqu’un confrère l’invite à apprendre la langue des Bas-Bretons pour les catéchiser. Cependant, deux mois plus tard, il reçoit la brève visite de Michel Le Nobletz qui salue en lui son successeur. Peu de jours après cette entrevue, se place l’épisode de Ti Mamm Doue : c’est le nom d’une chapelle proche de Quimper où Maunoir se rendit un jour. Chemin faisant, il se remémorait les sollicitations si pressantes de son confrère. Arrivé à la chapelle, le Frère Maunoir pria la Vierge Marie de lui apprendre elle-même le breton. Il fallait cependant attendre la permission du provincial des jésuites de France pour pouvoir commercer l’étude de la langue. L’autorisation arriva enfin, le jour de la Pentecôte 1631. Deux jours après, nous informe Maunoir lui-même, il faisait le catéchisme en breton aux enfants, et six semaines plus tard, il commençait à prêcher dans cette même langue, sans texte. Miracle ? Que s’est-il passé dans les six ou sept mois où Maunoir a attendu le feu vert de son supérieur ? Dans une ville si peu francisée que le Quimper de 1630, sa mémoire, avec le concours de son subconscient, a-t-elle enregistré des phrases bretonnes ? En août 1633, Maunoir quitte la Bretagne pour, successivement, Tours, Nevers, Rouen ; ordonné prêtre en 1637, il revient à Quimper en août 1640 : jusqu’à sa mort, il demeura membre de la communauté jésuite de cette ville, et sa première mission sera celle de Douarnenez : pendant ces sept ans hors de la Bretagne, il n’a pas oublié la langue bretonne...

Le breton n’est aucunement apparu au Père Maunoir “comme un excellent rempart contre les idées nouvelles”, pour reprendre les termes de l’article du CKB : ce n’est que deux siècles après lui en effet qu’un tel dispositif de défense de la foi chrétienne sera préconisé par certains. Mais, pour ce qui concerne Julien Maunoir, le breton n’était qu’un outil, mais un outil absolument indispensable, puisque ses auditeurs ne possédaient pas d’autre langue. Dans une prière à saint Corentin, premier évêque de Cornouaille, le Père Maunoir fait observer, il est vrai, que la langue dont ce saint se servit pour évangéliser n’avait jamais par la suite annoncé que la foi catholique : simple constat, mais en aucune façon mise en place d’un rempart contre la nouveauté. Et puis, en 1640, en Cornouaille, quelles “idées nouvelles” ?

 3. Concernant les missions du Père Maunoir, l’article précité contient un certain nombre de phrases qui ne sont pas acceptables : “les fidèles avalent le message du missionnaire”, “Maunoir innove en créant des fichiers de fidèles à partir des confessions, transformées en véritables interrogatoires policiers”, “les paroissiens sortent de ces missions épuisés, saoulés... d’images terrifiantes”. Les données de l’histoire ne sont pas celles-là ; ici, elles sont interprétées, sollicitées, modifiées, en fonction d’une grille de lecture qui aboutit à un dénigrement systématique. La vérité, c’est que les Cornouaillais (et aussi les Léonards, Trégorois, Vannetais...) se pressent aux mission du Père Maunoir : il parle leur langue, il fait passer le catéchisme sur des airs de chansons qu’ils connaissent, Il met en spectacle, par la grande procession des fins de mission, la vie et la passion de Jésus. Maunoir met au point une culture à la fois chrétienne et bretonne que nos pères adoptent avec enthousiasme. Gravité et divertissement ponctuent ces missions auxquelles on se bouscule, et qui, tour à tour, font naître le rire et suscitent les larmes chez ce peuple simple qui se sent aimé. Les cantiques du Père Maunoir développent, avec des mots très simples, les vérités de la foi catholique. La place de l’enfer est plus mesurée qu’on ne le dit. Ces cantiques ont été chantés pendant trois cents ans, dans les églises, les chapelles, aux mois de Marie, et même dans les champs. Anne Auffret affirme les avoir appris de sa mère qui les chantait en trayant les vaches. “Mille bénédictions à vous, ô mon Seigneur, pour tous vos bienfaits, de m’avoir créé, racheté, préservé et accueilli dans votre Eglise”. Paroles familières, par lesquelles le croyant redit à Dieu et aux saints sa confiance : “Mon saint patron, je suis heureux de porter votre nom glorieux, et puisque j’ai un honneur si grand, prenez votre filleul en pitié”. Ce sont des invocations, des cris de joie et d’espérance, l’expression du bonheur de croire : “Jésus, Marie et Joseph, Anne et Joachim, saint Pierre et saint Corentin, saint Paul, regardez-moi : anges et saints du ciel, je vous supplie de me défendre, que je puisse, avec votre aide, gagner ma couronne”. Comment peut-on parler “d’enfermer les croyants les plus fragiles dans une religion basée sur la crainte et la soumission à Dieu” ?

 4. Venons-en à l’épisode de Bothoa : il s’agissait à l’époque d’une des plus importantes paroisses de l’évêché de Cornouaille, puisque, à Bothoa la paroisse-mère (qui englobait Saint-Nicolas-du-Pélem), se rattachaient les trèves de Lanrivain, Kérien, Canihuel et Sainte-Tréphine : en tout 12.000 habitants placés, au spirituel, sous l’autorité du recteur de Bothoa, dont dépendaient, outre ses propres vicaires, ceux des églises tréviales. A ces prêtres ayant “charge d’âmes” s’ajoutait une quantité variable de “prêtres Habitués”, sans affectation, vivant dans les fermes de leur parenté et guettant quelque maigre casuel à l’occasion d’un baptême ou d’un mariage, lorsqu’on faisait appel à eux... Cette abondance de prêtres n’était pas forcément un indice de ferveur religieuse : la prêtrise représentait une promotion, surtout si l’on pouvait obtenir une “bonne” paroisse. Les auteurs soulignent la cupidité des prêtres, leur ignorance (les séminaires n’apparaîtront que dans la deuxième moitié du XVIIe siècle), leur penchant à l’ivrognerie. Le zèle des âmes n’animait guère la majorité des prêtres, ni le souci de leur sainteté personnelle, si l’on en croit les appréciations de François de Coëtlogon, évêque de Cornouaille : faisant en 1684 l’éloge du Père Maunoir décédé l’année précédente, il lui reconnaissait d’avoir établi “la vertu et la perfection parmi nos ecclésiastiques”, dont “très-peu”, avant ces missions, “prêchaient et catéchisaient dans mon diocèse”. On était à une époque et dans un pays de chrétienté, les structures étaient chrétiennes, le roi lui-même était appelé “très chrétien”, le gouvernement de l’État et le gouvernement de l’Eglise dans cet État étaient profondément imbriqués. En dépit de tout ce bâti chrétien, faisait cruellement défaut le christianisme lui-même, l’esprit de Jésus, l’esprit de l’évangile. Une réforme s’imposait, une réforme spirituelle, celle-là même mise en œuvre par le Père Maunoir.

Structures d’État et structures d’Eglise, les paroisses procuraient des bénéfices, celles ayant les bénéfices les plus élevés étant les plus recherchées. Une paroisse était obtenue à l’issue d’un concours de haut niveau théologique. Cette sélection par le bagage intellectuel dégageait certes des hommes de valeur, mais pas toujours des saints... Avait ainsi obtenu l’importante paroisse de Bothoa un certain Etienne Michon, bien qu’il fût ignorant de la langue bretonne. En 1649, l’évêque de Quimper avait décidé qu’il y aurait une mission à Bothoa, et le recteur avait paru donner son acquiescement. À peine le Père Maunoir et son équipe de missionnaires furent-ils sur le terrain que le recteur de Bothoa mit en œuvre tous les moyens d’obstruction qu’il put imaginer, interdisant notamment aux missionnaires l’accès de ses églises. Les supplications de la foule, et la pression exercée par un gentilhomme de l’endroit sur le recteur firent céder ce dernier, et la mission put commencer. Néanmoins le chef de la paroisse continua son travail de sape, dénigrant les cantiques spirituels (lui qui ne savait pas le breton...), faisant traiter les missionnaires de faux prophètes par un prédicateur qu’il avait substitué au Père Maunoir. Michon finit par dénoncer les cantiques spirituels à la Sorbonne : cette dernière les approuva au contraire. Il alla encore plus loin : il déféra l’évêque de Cornouaille au Parlement de Bretagne, en l’accusant d’usurpation de pouvoir. Il perdit son procès, et dut prélever, sur les gros bénéfices de sa paroisse et de ses trèves, les sommes de mille écus d’or à verser au trésorier de l’évêché de Quimper. Malgré ces traverses (ou à cause d’elles ?), le Père Maunoir, dans son Journal latin des missions, cite Bothoa comme “un bon endroit”, où il se fit “beaucoup de bien”. Par ailleurs, il faudra attendre 1740 pour qu’une bulle du pape Benoît XIV stipule que “nul ne pourra être admis au concours pour les paroisses où la langue bretonne est en usage, s’il ne sait ou parle aisément cette langue”.

 5. Naturellement, l’affaire de Plouguernével fait aussi l’objet d’une mention dans l’article du CKB ; il est dit notamment que le Père Maunoir remercia “Dieu d’avoir offert le supplice et la pendaison aux séditieux, leur permettant ainsi le salut”. Voici le texte exact du Père Maunoir : “J’admirai (...) la bonté infinie de Dieu qui tourna le malheur public au salut de plusieurs particuliers, le dernier supplice des plus séditieux ayant été pour eux un coup de prédestination” (Antoine Boschet, Le parfait missionnaire, ou vie du R. P. Julien Maunoir, Lyon, Périsse, 1834, 2è édition, p. 343). Mais reprenons les faits. 

La révolte des Bonnets Rouges commença en avril 1675. C’est en juillet de cette même année que le Père Maunoir, qui se trouvait à Plouguernével pour commencer une mission, eut à prendre, dans cette affaire, une position qui divise les historiens, tout comme la révolte des Bonnets Rouges elle-même. Celle-ci s’explique aisément, tant étaient grande la misère du peuple, et exorbitantes les prétentions royales à vouloir prélever encore des impôts nouveaux : la construction de Versailles, les guerres du Roi-Soleil et son train de vie luxueux réclamaient toujours plus d’argent. Les Bonnets Rouges commirent des excès : quelle révolte populaire se fait avec des mains toujours pures ? La dureté du pouvoir absolu, l’arrogance des subalternes, le mépris des gens “de qualité” pour la “populace” finirent par exaspérer. Sébastien Le Balp était à la tête de 28.000 paysans : sa jonction avec les Hollandais (en guerre contre la France à ce moment-là) qui débarqueraient à Morlaix n’était pas chimérique. La partie était cependant terriblement inégale. L’affaire de la “gabelle” échauffait tous les esprits : cet impôt sur le sel, que la Bretagne ne payait pas, cristallisait toutes les craintes des paysans bretons, et leur rejet de tout impôt nouveau.

La grand-messe d’ouverture de la mission de Plouguernével allait donc commencer en ce dimanche de juillet 1675 : le Père Maunoir était là, avec ses missionnaires, entourant Maurice Picot, recteur de la paroisse. Ce dernier était un homme de grande valeur qui, en y mettant ses propres deniers, avait réussi à convaincre l’évêque de Quimper d’ouvrir un séminaire pour l’évêché de Cornouaille : ce séminaire unique aurait deux sites, l’un à Quimper, et l’autre à Plouguernével [2]. Précisément, ce dimanche-là, on inaugurait l’établissement de Plougernével, en même temps que se faisait l’ouverture de la mission. Mais la messe ne put commencer : les insurgés de Plouguernével voulurent chasser les missionnaires, parce qu’ils s’imaginaient que des taxes nouvelles seraient prélevées sur les actes du culte. Le recteur Picot fit alors savoir à toute la paroisse que les missionnaires ne prétendaient à aucun droit nouveau : ce qu’ils signèrent à l’heure même, par devant notaire, et, le tumulte s’apaisant, la messe put commencer.

Mesurant l’effervescence qui se manifestait dans la contrée, et dont l’incident du matin n’était que l’un des signes, le Père Maunoir se maintint sur ses gardes pendant la première semaine de la mission. De fait, plusieurs troupes de paysans successives voulurent piller le séminaire, croyant que “les trésors de M. Picot” y étaient entreposés. Parallèlement, on accourait à la mission, y compris de l’évêché de Vannes, tout proche il est vrai (Lescouët-Gouarec, Mellionnec, Perret et Plélauff ressortissaient à l’époque à cet évêché). D’autres paroisses plus éloignées, au contraire, s’apprêtaient à rejoindre les rangs des Bonnets Rouges. Voulant stopper l’extension de la rébellion, tout au moins dans cette contrée de Plougernével où il était, persuadé que toute révolte contre le roi ne pouvait qu’être réprimée dans le sang, le Père Maunoir attira à Plouguernével les habitants de ces paroisses suspectes, en avançant de huit jours la grande procession qui clôturait chaque mission. Cette démonstration publique de foi catholique était aussi un spectacle fort coloré qui attirait les foules et les captivait. Voilà donc tout un peuple venu de cinq à sept lieues à la ronde en ce dimanche d’été 1675 : la procession démarre et va durer plusieurs heures, mimant les grandes scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament, et notamment la vie de Jésus, son agonie, le portement de la croix, les martyrs et les saints : puis vient le Saint-Sacrement porté par un prêtre sous le dais : un spectacle exceptionnel, que les Bas-Bretons du Kreiz Breizh n’auraient manqué pour rien au monde. Homélie du Père Maunoir : “Serez-vous aussi cruels que ceux qui ont crucifié Jésus ? Allez-vous le recrucifier en continuant vos désordres ?” Combien étaient-ils à écouter ce langage ? Toujours est-il que le calme revint dans toute cette zone dont Plouguernével est le centre. Pour parachever la diversion, le Père Maunoir annonça pour le dimanche suivant la communion générale pour les défunts, qui fut précédé d’innombrables confessions. “Cette communion, écrit A. Boschet, acheva de les fixer dans l’obéissance” (op. cit., p. 342).

Le duc de Chaulnes, gouverneur de la Bretagne, eut vent de ce succès du Père Maunoir. D’ailleurs, ce dernier, après un pèlerinage à Sainte-Anne-d’Auray et sur le tombeau de Saint Vincent Ferrier à Vannes, rendit visite au gouverneur à Port-Louis, où il s’était enfermé, en attendant un renfort de troupes (plus de six mille hommes) pour pouvoir s’aventurer dans le bocage breton, et commencer une répression qui serait féroce. Du reste, l’assassinat de Sébastien Le Balp le 2 septembre marqua la fin de la conspiration. Le Père Maunoir, qui s’était adjoint deux confrères, accompagna le duc de Chaulnes dans sa tournée répressive : ce furent les “missions militaires”, dans les évêchés de Cornouaille et de Tréguier, “soit pour persuader aux peuples de s’abandonner à la clémence du roi, soit pour résoudre et assister aux supplices ceux qui y seraient condamnés” (A. Boschet, op. et loc. cit.). Suit l’éloge très appuyé que fit le Père Maunoir du gouverneur, et le témoignage que rendit ce dernier au zèle qu’avaient “fait paraître les missionnaires en cette occasion, pour la gloire de Dieu, le service du roi, et pour le salut de la Bretagne” (op. cit., p. 343).

Les modernes sont choqués par cette interpénétration du pouvoir politique (répressif en l’occurrence) et du pouvoir spirituel, par cette harmonie dans l’utilisation du sabre et du goupillon. Il est certain que, touchant l’obéissance au roi, il y avait identité de vues entre le Père Maunoir et le duc de Chaulnes. Le catholicisme était religion d’État, comme de nos jours la laïcité est laïcité d’État, mais, précisément, trois cents ans et davantage séparent d’un fossé profond les deux conceptions de la vie publique, elles-mêmes profondément séparées. Louis XIV, comme un siècle avant lui Henry VIII en Angleterre, comme aussi en Espagne les Rois Catholiques, voulait que tous ses sujets aient la même religion que lui, une religion unique étant, aux yeux des souverains de ce temps-là, un facteur d’unification et d’unité ; en 1685, Louis XIV révoquerait l’Édit de Nantes. Même s’il en avait eu l’idée, le Père Maunoir aurait été bien incapable de “changer le système”. Au moins épargna-t-il à la région de Plouguernével qu’il dissuada de se soulever, la répression sanglante qui s’exerça ailleurs.

La présence du Père Maunoir auprès des malheureux qui connurent la torture, subirent le supplice de la roue, la pendaison... fut-elle une figure apaisante désarmant la haine et le désespoir, et instillant quelques gouttes de miséricorde et de compassion lors de ces instants terribles qui précèdent une mort infamante ? On veut le croire, on ose l’espérer. Les révoltés de 1675 ont eu le double malheur de naître trop tôt, avant la Révolution française, qui ne commença pas séance tenante par des excès, et qui eût pris en compte une partie de leurs revendications, et avant l’abolition de la peine de mort... On frémit encore à lire, sous la plume du duc de Chaulnes, cette sinistre envolée poétique, grinçant écho de la Ballade des Pendus : “Les arbres commencent à se pencher sur les grands chemins, du côté de Quimperlé, du poids qu’on leur donne”.

Julien Maunoir, malgré sa sainteté, est bridé par son temps : il ne peut anticiper sur les acquis dont nous bénéficions aujourd’hui ; son époque le contient dans des bornes, l’enserre dans des limites [3]. C’est ce qui rend difficile à comprendre et à admettre une partie de son comportement à l’occasion de la révolte des Bonnets Rouges. Il convient pourtant de ne pas commettre d’anachronisme. Depuis deux siècles, nous avons fait l’expérience de la démocratie ; nous avons l’habitude des grèves ou des manifestations, auxquelles nous participons éventuellement, ou dont nous nous accommodons. Sous Louis XIV, et encore cent ans après lui, le pouvoir du roi est absolu et discrétionnaire (“Tel est notre bon plaisir” est la formule qui ponctue les ordonnances royales) ; c’est un pouvoir qui ne se partage à aucun niveau. Les abus sont innombrables et, pour ce qui concerne la Bretagne, les clauses du Traité d’Union de 1532 sont bafouées sans arrêt. Dans la conception de la société, Maunoir rejoint le conservatisme pratique de Montaigne, qui est aussi celui de Pascal ; ce dernier estime peu “raisonnable de choisir, pour gouverner un État, le premier fils d’une reine” (Pensée 320) : il s’aligne néanmoins sur cette coutume, qui est une sorte de justice, parce qu’elle maintient la paix “qui est le souverain bien” (299), et qu’elle écarte la guerre civile, qui est “le plus grand des maux” (320).

Ainsi, depuis une trentaine d’années, Julien Maunoir est en procès, en raison notamment de son attitude au moment de la révolte des Bonnets Rouges. D’autres griefs sont formulés, dont l’article du CKB se fait largement l’écho : “sombre inquisiteur”, “personnage illuminé”, pratiquant le “nettoyage des âmes”, il aurait prêché une religion terroriste et étouffé les esprits... Mais, il y a eu un autre procès du Père Maunoir, il vaudrait mieux parler de “procédure” : c’est celle qui a abouti à sa béatification. Après une longue enquête, et un délai fort long lui aussi, Julien Maunoir a été déclaré “bienheureux” par le pape Pie XII, au nom de l’Eglise catholique : c’était le 20 mai 1951, en la basilique Saint-Pierre de Rome : il s’agit là de la reconnaissance officielle de sa sainteté. Ce fut une joie dans la Compagnie de Jésus, dont il était membre, et dans tout le pays breton, de Saint-Georges-de-Reintembault à l’île de Sein, en passant par Plévin. En 1684, l’évêque de Cornouaille déclarait que le Père Maunoir avait “mérité le nom d’Apôtre de la Bretagne”. Après la béatification, l’étape suivante, c’est la canonisation : on pourra alors dire “saint Julien Maunoir”. Nos pères ont reconnu sa sainteté, et salué sa bonté : an Tad mad. Il fait partie des saints bretons, tout comme ceux des premiers siècles de la Bretagne chrétienne, saint Gwénolé, saint Corentin (qu’il aimait tant), saint Ronan, saint Gildas, saint Élouan..., tout comme saint Yves ; il a lui-même ses pardons à Plévin, le pardon d’hiver le 28 janvier, jour de sa naissance au ciel, le pardon d’été le troisième dimanche de juillet.

Par ailleurs, Julien Maunoir s’est fait un nom comme écrivain de langue bretonne, encore que, malgré le “miracle” de Ti Mamm Doue, il lui arrive de commettre quelques fautes de breton ! C’est bien à juste titre qu’une dizaine de municipalités ont donné son nom à des rues : c’est le cas, notamment, de Quimper et de Douarnenez.

Fañch Morvannou, 22 mars 2000
Minihi Levenez, n°69, 2001, p. 7-23

Notes :

[1]. Maunoir missionna surtout en Cornouaille, ce qui faisait dire à un évêque de Quimper que, lorsque le missionnaire passait dans un évêché voisin, ce prélat ne faisait que le “prêter” à son confrère... Rappelons que l’ancien évêché de Cornouaille était fort étendu : limité au sud et à l’ouest par la mer, il s’étendait, au nord, de Plougastel-Daoulas à Plourac’h et jusqu’aux abords de Quintin, à l’est, jusqu’à toucher presque Loudéac et Pontivy ; puis il descendait, après Gouarec et Rostrenen, jusqu’à Quimperlé, en suivant la rive gauche de l’Ellé. Les dix-huit communes de la CCKB sont cornouaillaises, sauf Mellionnec, qui est vannetaise.

[2]. Né à Vitré, Maurice Picot avait obtenu la cure de Plouguernével par concours. L’“antenne” de Plouguernével du séminaire de Cornouaille devait permettre, aux, termes de sa requête à l’évêque de Quimper, “d’établir... à perpétuité... dix prêtres missionnaires (pour assurer) les exercices ordinaires, missions et retraites, (...) pour former le clergé de notre diocèse, catéchiser et instruire le peuple (...) lesquels missionnaires sauront l’idiome breton et vulgaire et seront immédiatement dépendants des seigneurs évêques de Cornouaille” (Souvenirs d’un ancien élève du petit séminaire de Plouguernével, Saint-Brieuc, Prud’homme, 1899, p. 18). Né dans l’évêché de Rennes, comme le Père Maunoir, M. Picot, sans être allé, semble-t-il, jusqu’à apprendre le breton (le cas du Père Maunoir est unique), marque ici sa sollicitude pour tout le peuple bretonnant destiné à recevoir les instructions des missionnaires qu’il institue.

[3]. Dans trois cents ans, nombre de nos habitudes, de nos certitudes, et de nos évidences apparaîtront peut-être, aux hommes et aux femmes de l’an 2300, comme d’effroyables préjugés et comme des façons d’être, de sentir et de vivre regrettables, et même condamnables, dont ils se demanderont comment elles ont pu exister...

Pour lire l'article en version pdf, cliquer ici

Voir aussi l’article de Fañch Morvannou : « Le père Maunoir et le Poher », Kaier ar Poher. Le Cahier du Poher, n°45, juin 2014, p. 4-15, spécialement les pages 13 à 15.

Venez et voyez !

Gilets jaunes : déclaration de Mgr Pontier, président de la CEF

Paris, le 6 décembre 2018, "GILETS JAUNES" NOUS SOMMES TOUS RESPONSABLES DU DIALOGUE Notre pays est secoué depuis plusieurs semaines…

Chemin d'Avent : propositions du service d'Animation Spirituelle

Le temps de l'Avent va permettre à chacun de se mettre en chemin à la rencontre de celui qui vient…

Béatification des 19 religieuses et religieux d'Algérie

Les 19 religieuses et religieux assassiné(e)s en Algérie entre 1994 et 1996 seront béatifié(e)s les 7 et 8 décembre prochain…

Visite pastorale de l'évêque dans la paroisse Notre-Dame de la Joie en pays bigouden

Du mercredi 21 au dimanche 25 novembre, notre évêque Mgr Dognin sera en visite pastorale dans la paroisse "Notre-Dame de…

Rapport de la Conférence des évêques de France sur la lutte contre la pédophilie

Suite à l'assemblée plénière des évêques à Lourdes en mars 2016, un travail avait abouti en juillet 2016 à la…

Cap sur le Panama avec les jeunes du Finistère !

Les prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) se dérouleront bientôt, du 22 au 27 janvier 2019 au Panama. Un…

Actualités locales

  • Film : Le Pape François, "Un homme de parole"
    Film : Le Pape François, En cette première semaine de l’Avent, l’équipe pastorale de la paroisse a organisé deux projections du film de Wim Wenders : Le Pape François « Un homme de parole ». Plus de deux cents personnes ont assisté aux séances, au cinéma « Le Rohan » à Landerneau.
    Read more...

  • Fêter Noël et la Nouvelle Année à l’Île Blanche
    Fêter Noël et la Nouvelle Année à l’Île Blanche Lors des fêtes de fin d'année, l'Île Blanche porte son nom à merveille, lorsqu'un manteau de neige vient recouvrir ce lieu de ressourcement spirituel de notre diocèse. Du 23 décembre au 02 janvier 2019, vous êtes invités à venir à Locquirec pour profiter de nombreuses propositions : veillée concert, spectacle…

  • Marchés de Noël de l'Arche en Finistère
    Marchés de Noël de l'Arche en Finistère Le Marché de Noël de L’Arche le Caillou Blanc, aura lieu le 8 et 9 décembre, de 14h à 18h à la ferme du Pont, en Clohars-Fouesnant. Comme chaque année, vous pourrez découvrir le travail des personnes en situation de handicap accueillis à L’Arche le Caillou Blanc, à travers les puzzles…

  • Spectacle "Iliz Veur" 2018 : Saint-Corentin revêt ses habits de lumière
    Spectacle Saint-Corentin se transforme de nouveau en cathédrale de lumière et de couleurs : après son succès de 2017, le spectacle « Iliz-Veur » revient illuminer le centre-ville de Quimper du 14 décembre au 6 janvier. Il met en lumière la façade de la cathédrale Saint-Corentin et raconte son histoire, depuis…

  • Pardon de Saint-Corentin le 16 décembre 2018
    Pardon de Saint-Corentin le 16 décembre 2018 La paroisse Quimper - Saint-Corentin a le plaisir de vous convier au Pardon de Saint-Corentin, l’un des sept Saints fondateurs de la Bretagne chrétienne, premier évêque de Quimper, et Saint Patron du diocèse, le 16 décembre 2018 à 10h45 en la Cathédrale Saint-Corentin de Quimper. Cette messe solennelle sera précédée…

  • Ordination diaconale de Sébastien DAVY
    Par l’imposition des mains et le don de l’Esprit saint, pour le service de l’Église et des hommes, Monseigneur Laurent Dognin, évêque de Quimper et Léon, ordonnera diacre en vue du sacerdoce Sébastien Davy le dimanche 23 décembre 2018 à 15h30en l’église Saint-Thivisiau de Landivisiau. Le séminaire Saint-Yves de Rennes,…

  • 11 novembre 2018 – 32ème dimanche du Temps Ordinaire – Année B – Centenaire de l’Armistice de 1918 – Cathédrale Saint Corentin (Quimper)
    1R 17, 10-16 ; Ps 145 ; He, 9, 24-28 ; Mc 12, 38-44 Chers Amis, Lorsque l’Armistice fut signé le 11 novembre 1918 mettant fin aux combats épouvantables de la 1ère Guerre Mondiale, la paix restait encore à négocier, ce qui fut fait, comme nous le savons en 1919…

  • 3ème dimanche de l’Avent - 16 décembre 2018
    3ème dimanche de l’Avent - 16 décembre 2018 Il est intéressant de replacer les extraits bibliques que la liturgie nous propose chaque dimanche, dans le contexte où ils ont été écrits. Quels étaient pour leurs auteurs les signes des temps, que vivaient-ils eux-mêmes et que vivaient leurs destinataires ? Voyaient-ils la vie en rose, comme nous invite la liturgie…