Abbé Jean-Baptiste Le Mel (1877 – 1935)

Aîné d’une famille de sept enfants, Jean-Baptiste LE MEL est né à Plougasnou le 17 août 1877. Ses parents étaient des agriculteurs très modestes. Elève au petit séminaire de Pont-Croix, il poursuit ses études au grand séminaire de Quimper et est ordonné prêtre en 1901. Il est surveillant à Pont-Croix, vicaire à Locunolé (1902-1905), puis vicaire dans la paroisse de Kerfeunteun, à Quimper (1905-1924). Brancardier au cours de la Grande Guerre, il est blessé deux fois et reçoit une citation à l’ordre de l’armée.

Le Mell Jean-Baptiste 1877-1935Dès le séminaire, il est jugé « très doux et aimable ». Il se passionne pour les innovations technologiques. A Locunolé, il monte une turbine sur l’Ellé afin de produire de l’électricité. Les questions sociales l’intéressent aussi. Il a été séduit par les idées diffusées par Marc Sangnier et le Sillon (il quittera ce mouvement après sa condamnation par le pape en 1910). Tous les témoins rencontrés soulignent son labeur et ses multiples activités. A Kerfeunteun, il s’occupe du patronage, crée un journal, fonde une « caisse rurale ». Il lance aussi le groupe de musique des Paotred Ty mamm Doue (« Les gars de la Mère de Dieu »)… Mais ce qui le caractérise le plus, c’est son exigence envers lui-même (il se lève à 4 heures du matin), sa piété, que ses maîtres au séminaire jugeaient déjà « édifiante », et son « souci des âmes ».

En 1924, l’évêque de Quimper Mgr Duparc crée la paroisse de Lesconil, bourg d’environ 1300 âmes, jusque-là rattaché à la paroisse de Plobannalec. Un pasteur gallois s’était installé en ces lieux en 1893 et un temple protestant y avait été érigé en 1912. La commune est alors « rouge » et un antichristianisme virulent y sévit. Dans ce contexte tout à fait particulier pour le Finistère, l’abbé Le Mel est nommé recteur de Lesconil. Il a alors 47 ans. 

Il se met à la tâche avec détermination et opiniâtreté. Et aussi avec la volonté de « sauver sa paroisse ». Il s’en estime responsable devant Dieu. Tout naturellement, il adoptera les moyens qui avaient servi au curé d’Ars : nuits de prière, entrecoupées de quelques heures de sommeil à même le plancher, jeûne permanent… Jean-Baptiste Le Mel prépare le samedi sa nourriture pour toute la semaine : une marmite de pommes de terre ! A ce maigre menu, il ajoute un peu de lait et du pain. Et il prie et travaille, célèbre la messe à 6h30. Il fonde un patronage, une école de filles (1928), une autre de garçons (1932). Il poursuit son rythme d’activités effrénées : travaux, longues randonnées à bicyclette pour quêter argent ou matériaux pour son église, puis pour ses écoles, tournées incessantes dans la paroisse… Des journaux, y compris nationaux, commencent à raconter sa vie et ses activités. On le compare au curé d’Ars. Son ami Jacques de Thézac (fondateur des Abris du Marin) n’hésite pas à le qualifier de « saint ». 

En 1934, la santé de l’abbé Le Mel commence à décliner. En 1935, il déclare à ses proches : « Ma fin est imminente… J’ai demandé à Dieu de payer mes écoles et ensuite de prendre ma vie… Et voilà que le bon Dieu m’exauce » (quelques jours avant, durant son agonie, qui durera trois semaines, il prononcera un jour ces paroles édifiantes : « Mon Dieu, que votre main est pesante. Enfin ! Si par mes souffrances je fais quelque bien aux âmes de mes paroissiens…»).

Il décède en odeur de sainteté le 16 avril 1935 au terme d’une vie totalement donnée à Dieu et à ses paroissiens.

« Après la mort de Jean-Baptiste Le Mel, racontera son biographe (Daniel Raphalen), sa tombe a été longtemps un centre de pèlerinage. Des plaques de “merci” y ont été déposées. Mais désireux de ne pas empiéter sur les jugements de l’Eglise, et de ne pas nuire à un procès éventuel en canonisation, le recteur les retirait aussitôt ».

Prière pour obtenir la Béatification :

 

Dieu notre Père, si telle est ta volonté, accorde-nous la grâce de voir un jour ton Église proclamer Jean-Baptiste Le Mel “bienheureux”, nous le donnant ainsi comme exemple de prêtre totalement consacré à ta gloire et aux salut des âmes. Par Jésus-Christ notre Seigneur. 

Signaler une grâce reçue :

Si une grâce particulière, comme une guérison inexplicable, survenait dans votre entourage suite à l’invocation de l’abbé Jean-Baptiste LE MEL, vous apporteriez une aide importante à sa cause de béatification en la signalant à la Chancellerie de l’évêché de Quimper : 
- par courrier : Monsieur le Chancelier, Evêché, 3 rue de Rosmadec 29018 Quimper cédex
- par email : chancellerie @ diocese-quimper.fr 


Bibliographie :

- « Nécrologie. M. Le Mel, Recteur de Lesconil », Semaine Religieuse du diocèse de Quimper et de Léon, 17 avril 1935, p. 272-275.

- Gabriel Pondaven, Le livre d’or du clergé pendant la guerre (1914-1919), Quimper, A. de Kérangal, 1919.

- Alain Triskel [Daniel Raphalen], Jean-Baptiste LE MEL : 1877-1935, Quimper, 1995, 196 p.

- Hervé Bodin, « On l’appelait le curé d’Ars breton », Eglise en Finistère, 27 mai 2010, p. 15-17.