Réflexion du Père Job An Irien : Digeri an nor / Ouvrir la porte

Digeri an nor Digeri an nor

Tost da bevar-ugent vloaz he-doa dija p’am-eus greet anaoudegez ganti, med ouz he gweled n’am-befe ket roet dezi ouspenn deg ha tri ugent, rag chomet e oa yaouank en he doare da veza hag en he spered. E kerz eur pirhirinaj aozet ganeom e Bro-Gembre em-oa bet ro da ober anaoudegez ganti, hi ginidig a Vreiz-Izel, med o chom er Stadou-Unanet. Bep bloaz e teue e vakañsou en hañv d’he bro en eun ti a oa d’he famill war bord ar mor. Goude ar pirhirinaj-se, ‘lec’h ma oa ive tud anavezet mad ganti, da vare nedeleg hag ar bloaz nevez, e resevis euz he ferz eur ger war an urziataer da lavared pegen plijet e oa bet gand ar pez or-boa bevet oll asamblez. He gwaz a varvas a-daol-trumm, hag e chomas koulskoude er Stadou-Unanet ablamour d’he bugale dimezet er vro-ze.

Miziou ha miziou goude-ze e kavis war va urziataer ar geriou-mañ a berz he merc’h hena : «va mamm a zo klañv, en ospital ema, hag e ran war he zro. Pedit eviti !» Eun nebeud deveziou warlerc’h e oen dihunet e kreiz an noz, war-dro hanternoz, gand eun taol-pellgomz. He merc’h e oa : «Va mamm a zo war-nez mervel. Ne c’hell ket komz kén, med he anaoudegez he-deus c’hoaz. Gwall ankeniet eo, ha marteze eur ger bennag euz ho perz a rafe vad dezi !» Diêz eo divorfila a greiz pep kreiz evel-se pa vezer kousket mort ! Ha petra lavared pa ne zeu respont ebed. N’ouzon ket kén petra am-eus lavaret dezi, med gouzoud a ran em-eus komzet dezi gand va fedenn ha va c’harantez, ha fiziet anezi etre daouarn ar Werhez Vari. Dihalloud en em gaver e mareou a seurt-se. En devez warlerc’h, abred diouz ar mintin, em-eus kavet war va urziataer ar geriou-mañ : «Goude ho taol-pellgomz eo bet sioulaet va mamm, hag eo marvet eun eurvez warlerc’h e peoc’h ! Bennoz Doue deoc’h !»

N’am-boa mirit ebed, rag ar c’homzou ’m-eus lavaret dezi a zo bet roet din. Anad eo din int deuet a-belloc’h egedon, euz eun donded a zo ennom oll, ha siwaz ne gredom ket awalc’h o lavared pa zeuont war bord or muzellou. M’am-eus kontet deoc’h kement-se eo peogwir em-eus kavet spontuz e vefe marvet kement a dud en ospitaliou pe e tiez re-goz, da vare ar c’hraouideg, heb den ebed da zerhel dezo an dorn ha d’o zikour da ober e peoc’h ar veaj vraz a reom oll eun deiz warlerc’h on tadou. Ar geriou pe ar jestrou diweza war an treuzou a c’hell digeri an nor ha mouga an aon !


Ouvrir la porte

Elle avait déjà près de quatre-vingts ans lorsque je l’ai connue, mais à la voir je ne lui aurais pas donné plus de soixante dix, tellement elle était restée jeune dans son comportement et en esprit. C’est au cours d’un pèlerinage que nous avions organisé au Pays de Galles que j’ai eu l’occasion de la connaître, elle qui était originaire de Basse-Bretagne, mais demeurant aux Etats-Unis. Chaque année elle revenait au pays pour les vacances d’été dans une maison de sa famille au bord de la mer. Après ce pèlerinage, auquel participaient aussi des personnes qu’elle connaissait, je reçus d’elle un mot sur l’ordinateur, à l’occasion de Noël et du premier de l’an, pour me dire combien elle avait apprécié ce que nous avions vécu tous ensemble. Son mari décéda brusquement, mais elle demeura cependant aux Etats-Unis à cause de ses enfants qui s’y étaient mariés.

Des mois et des mois plus tard, je trouvai sur l’ordinateur ces mots de la part de sa fille ainée : «Ma mère est malade, elle est à l’hôpital et j’en prends soin. Priez pour elle.» Quelques jours plus tard, je fus réveillé en pleine nuit, vers minuit, par un coup de téléphone. C’était sa fille : «Ma mère est sur le point de mourir. Elle ne peut plus parler, mais elle a encore sa connaissance. Elle est très angoissée. Peut-être qu’un mot de votre part lui ferait du bien !» C’est difficile de bien se réveiller d’un seul coup lorsque l’on est profondément endormi ! Et que dire lorsqu’il n’y a pas de réponse. Je ne sais plus exactement ce que je lui ai dit, mais je sais bien que je lui ai parlé avec ma prière et mon amour et que je l’ai confiée aux mains de la Vierge Marie. On se trouve impuissant dans de telles circonstances. Le lendemain, tôt dans la matinée, j’ai trouvé sur l’ordinateur ces mots-ci : «Après votre coup de téléphone, maman était calmée ; elle est décédée une heure plus tard, en paix ! Merci !»

Je n’avais aucun mérite, car les paroles que je lui ai dites m’ont été données. C’est évident pour moi qu’elles sont venues de plus loin que moi, de la profondeur qui est en nous tous, et qu’hélas nous n’osons pas assez dire lorsqu’elles viennent au bord de nos lèvres. Si je vous ai raconté cela c’est parce que j’ai trouvé épouvantable que tant de gens soient morts dans les hôpitaux et les maisons de retraite, au moment du confinement, sans personne pour leur tenir la main et les aider à faire ce grand voyage que nous faisons tous un jour à la suite de nos pères. Les paroles et les derniers gestes sur le seuil peuvent ouvrir la porte et éteindre la peur !

Tad Job an Irien

Le blog "Feiz ha sevenadur"

  • Prière du Père Job an Irien : Meuleudi deoc'h 'vid an all zent / Louange à Toi pour tous les saints

  • Réflexions du Père Job an Irien : An Ollzent / La Toussaint

    An Ollzent   An Ollzent2020

    Breudeur, kerent ha mignoned.

    Pa zellan ouz ar vered e teu bep tro war va spered ar c’homzou-mañ : « Eet int oll d’ar gêr !» Rag erfin int oll eet beteg o lojeiz diweza, an hini ne ouient ket hag a zo kinniget dezo warlerc’h ar beskellou hag an talarou. An ti-ze a zo hini o zud, a vevent dija ganto er bed-mañ, goude dezo beza eet kuit abaoe pell marteze. Med amzer dec’h a jom pell hag hir ennom, hag ar garantez n’he-deus ket a harzou. Ar pez ne welom ket, med a jom beo ennom, a zo ken gwir hag ar pez a welom, nemed deuet e vefem da veza ken yen hag ar mên. Mare kala-goañv a ro tro deom bep bloaz da startaad al liammou-ze a ra deom beza kalz muioc’h eged ar pez a zeblantom beza. Gwriet om gand liammou hag o-deus roet deom korv hag ene, hag e teu ar mare da drugarekaad evid kement on-eus resevet euz o ferz dezo oll.

    E gwirionez eo a-wechou da genta ar mare da bardoni evid ar gouliou deuet deom euz o ferz, ha da c’houlenn pardon evid ar re on-nefe greet dezo. Ober ar peoc’h gand on anaon a zo ar gwella doare da zigemer o c’harantez ha da ginnig dezo on hini. Perag e kendalhfem da zougen sammou du ha n’o-deus ket kén a lec’h da veza, peogwir ne reont nemed pennaska ahanom? On anaon ne reont nemed gortoz or pardon evid kinnig deom o c’harantez, peogwir int leuniet o-unan a garantez e ti Doue. Ar pez o-deus klasket ’doug o buez a gavont bremañ, ha n’o-deus nemed eur c’hoant : e rafem euz or bed eur bed a beoc’h, eur bed ’lec’h ma c’hellfe peb den lakaad da dalvezoud e berziou mad ’vid gwella mad an oll; ha nann eur bed a loened gouez ’vel m’on-eus gwelet n’eus ket pell.

    Mare an Oll-Zent ha Kala-Goañv a ro deom da zoñjal, med ive da gaoud fiziañs en amzer da zond rag gouzoud a reom mad on-eus tro-dro deom testou a lavar deom emaint ganeom evid ober hent ganeom. Int-i eo a gan deom ar c’hantik : «Breudeur, kerent ha mignoned, en an’ Doue, or selaouit !»

    La Toussaint

    Frères, parents et amis.

    Lorsque je regarde le cimetière me viennent chaque fois à l’esprit ces paroles : «Ils sont tous partis à la maison !» Car en fin de compte ils s’en sont tous allés vers leur dernière demeure, celle qu’ils ne connaisssaient pas et qui leur est offerte après les lignes de biais et les dernières lignes. Cette dmeure est celle des leurs, avec qui ils vivaient déjà en ce monde, bien qu’ils soient partis depuis longtemps peut-être. Mais le passé demeure longtemps en nous, et l’amour n’a pas de limites. Ce que nous ne voyons pas, mais qui reste vivant en nous, est aussi vrai que ce que nous voyons, à moins que nous soyons devenus aussi froids que la pierre. Le temps de la Toussaint nous donne l’occasion chaque année de renforcer ces liens qui nous font être bien davantage que ce que nous paraissons. Nous sommes tissés de liens qui nous ont donné un corps et une âme, et voici le moment de remercier pour tout ce que nous avons reçu de leur part à tous.

    En réalité c’est d’abord parfois le moment de pardonner pour les blessures qu’ils nous ont causées, et de demander pardon pour celles que nous leur avons faites. Faire la paix avec nos défunts est le meilleur moyen d’accueillir leur amour et de leur offrir le nôtre. Pourquoi continuerions-nous de porter de noirs fardeaux qui n’ont plus lieu d’être, et qui ne font que nous entraver ? Nos défunts ne font qu’attendre notre pardon pour nous offrir leur amour, car ils sont eux-mêmes remplis d’amour dans la maison de Dieu. Ce qu’ils ont cherché toute leur vie, ils le trouvent maintenant, et ils n’ont qu’un désir : que nous fassions de notre monde un monde de paix, un monde où chaque personne pourrait faire fructifier ses meilleurs qualités pour le bien de tous, et non un monde de bêtes sauvages comme nous l’avons vu récemment.

    Le temps de la Toussaint et des défunts nous donne à réfléchir, mais aussi à avoir confiance dans l’avenir, car nous savons bien que nous avons autour de nous des témoins qui nous disent qu’ils sont avec nous pour faire route avec nous. Ce sont eux qui nous chantent le cantique : «Frères, parents et amis, au nom de Dieu, écoutez-nous !»

     
    Tad Job an Irien

  • Minihi Levenez : 11 a viz du

    Ne vo ket eun abadenn evid deski kantikou nevez d'an 11 a viz du 2020.

    Il n'y aura pas de séance d'apprentissage de cantiques le 11 novembre 2020 au Minihi Levenez.

  • Nouvelle édition de Muzikou Kantikou Brezoneg

    Nouvelle édition de Muzikou Kantikou Brezoneg bannière Minihi

    Projet pour les éditions du Minihi Levenez :
    Une nouvelle édition, revue et corrigée.
    Augmentée  des refrains en breton des psaumes des trois années liturgiques (A, B et C) et de nouveaux cantiques.

    Une souscription sera proposée dans les semaines à venir
    Pour plus d'informations, contacter le Minihi-Levenez
    29800 Tréflévénez
    02 98 25 17 66

     

  • Ar Zalmou war ar rouedad

    Pedenn an deiz GF 1Ema bremañ meur a zalm war ar rouedad, war lehienn eskopti Kemper ha Leon. War ar bajenn digerri e ranker klika war "Feiz" > "Salmou".

    Ar 97 salm kinniget a zo tennet euz al leor “Pedenn an deiz”, embannet e 1988 gand Minihi Levenez. Eun droidigez evid al liderez eo.

    Emichañs e vo gelled kinnig an oll zalmou e brezoneg dizale.

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