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Portraits de catéchumènes (3/5) : Pascal Jamet

Pour certains, le parcours de vie est linéaire et tranquille ; pour d’autres, il est sinueux et semé d’embûches. À bientôt 56 ans, Pascal Jamet voit le baptême comme une véritable renaissance, une « victoire » sur les obstacles.

Né à Rambouillet, dans une famille tzigane, Pascal perd ses parents dans un accident de voiture à l’âge de 7 ans. « J’ai été placé en foyer et je suis rapidement devenu un délinquant, reconnaît le catéchumène. J’ai fait de mauvaises rencontres mais à ce moment-là, elles me donnaient l’impression d’avoir une famille. » Encore mineur, il est interpellé pour vol de voiture. « J’ai fait de la prison, avant d’être récupéré par l’armée. » Six années d’engagement militaire… et une guerre, celle du Kosovo, qui laisse des traces. « Là-bas, j’ai perdu des potes. J’ai vu mon meilleur ami mourir. »
Le retour à la vie civile est difficile. Agent de sécurité, Pascal sombre dans une grave dépression et il lâche tout. « J’ai vécu 15 ans dans la rue. » Accueilli dans des presbytères pour une nuit ou deux, pris en stop par un ancien aumônier de la marine, revigoré après une pause sur un banc… sur lequel était dessinée une croix… « Je voyageais de ville en ville. Et je me rends compte que j’étais toujours accompagné par Dieu, mais je ne voulais pas le voir. » Dans la rue, le quinquagénaire sombre dans l’alcool, la drogue et perd de nouveau des amis, à cause du froid, des addictions. Un électrochoc qui le pousse à tout arrêter. « J’ai été accompagné et cela fait 25 ans que je ne touche plus à rien. Ancien drogué, je suis un futur baptisé. Cela me donnera peut-être l’occasion d’avoir le pardon », souffle-t-il.
Après 15 ans dans la rue, Pascal pose ses valises en Auvergne, où grâce à la générosité d’un homme, il ouvre sa boutique de travail du cuir au Puy-en-Velay. Une affaire qu’il tiendra quelques années avant que la concurrence étrangère le pousse à fermer. Il fait de nouveau ses bagages et rejoint les Compagnons d’Emmaüs à Rédéné. Là, il rencontre sa compagne il y a sept ans. « Elle est venue à la boutique et j’ai su que c’était elle. »

Une deuxième vie
Il y a trois ans, Pascal fait une hémorragie cérébrale et est « mort pendant six minutes. Dieu m’a donné une chance supplémentaire de revivre et de faire des choses que je n’avais pas faites. Avant cela, je ne pensais qu’à moi et Dieu m’a demandé de prendre un autre chemin. Ma deuxième vie, j’ai choisi de la donner pour ceux qui en ont besoin. » Après une formation dont il sort premier, Pascal est maintenant auxiliaire de vie. « J’accompagne des personnes âgées, malades. Repas, toilette, habillage… Je suis heureux d’aller travailler, d’aider. Pour certains, je suis présent jusqu’à la fin. Je sens qu’aujourd’hui, je suis sur le bon chemin. » Un itinéraire de vie qui le pousse à demander le baptême. « J’étais allé me renseigner il y a quelques années, mais je n’étais pas prêt. Aujourd’hui, je le suis. D’ailleurs, jusqu’à il y a trois ans, je n’étais jamais entré dans une église. J’accompagnais ma femme puisqu’elle va à la messe tous les dimanches mais je l’attendais devant. »
Catéchumène, il chemine avec le père Philippe Jézéquel, aumônier des gens du voyage. « J’ai fait de nombreuses erreurs dans ma vie et j’essaie de les corriger. Cela fait 55 ans que je n’existe pas vraiment. Il y a un but à tout ce que j’ai vécu. Le baptême signifie pour moi le pardon. Je chemine vers Dieu, avant d’être un des siens. »